2009/11/19

Bouilli d'émotions

Il y a le sentiment de liberté qui prend un léger goût d'anticipation amère.
Il y a l'angoisse qui donne un piquant désagréable sur la langue.
Il y a la peur qui épaissit la sauce.
Il y a l'amour, que l'on devine en respirant le discret fumet.
Il y a le plaisir qui boue à la surface.
Il y a la peine qui colle au fond.

Ça mijote lentement, les saveurs se mêlent et s'entremêlent.

Dégustation disponible sous peu pour ceux qui en auront le courage.

2009/11/08

Acouphène

Toujours là, en bruit de fond, comme une litanie qui ne finit plus. Peu importe le moment ou l'état d'esprit, le son fraie son chemin insidieusement, suite continue de points d'interrogation. Pas suffisamment fort pour tuer les moments de bonheur, juste assez pour tenir tous les sens en éveil, à l'affût d'un indice, d'un signal.

Lorsque la vie s'assoupit et atténue son vacarme quotidien, c'est là que le simple bruit de fond se transforme en cacophonie, plus rien ne pouvant l'assourdir. Aucune distraction ne peut venir changer la direction des projecteurs. C'est ce moment que choisit inévitablement le murmure pour réclamer que sa présence soit reconnue. Ça hurle fort, chassant un sommeil très sensible.

Comme un acouphène auquel on ne s'habitue pas parce qu'il se transforme inlassablement, variant légèrement d'intonation ou de formulation.

La bonne nouvelle? Ce n'est pas incurable, en tout cas, jusqu'à preuve du contraire. Avec le temps, mais surtout lorsque le bruissement sera autorisé à prendre le chemin des cordes vocales pour enfin revêtir sa voix propre, le silence reprendra ses droits de propriété, heureux d'être de retour après une si longue absence.

2009/10/21

Comment faire

Comment faire pour croire quand aucun geste concret ne peut être accompli?

Comment faire pour trouver une vérité dans un concept abstrait?

Comment faire pour rétablir une confiance ébranlée?

Comment faire pour retrouver l'insouciance?

Comment faire pour donner une chance au temps de faire son oeuvre?

Comment faire pour regarder vers l'avant sans toujours garder un oeil sur l'ombre derrière soi?

Comment faire pour savoir si cette fois-ci est la bonne?

Comment faire pour s'assurer que la vie ne nous prend pas pour une vedette de film de série B?

Comment faire pour avancer sans trébucher ni se perdre?

Comment faire pour s'ouvrir avec sérénité?

Comment faire pour repartir en sachant que la route empruntée est la bonne?

Comment faire pour écouter son coeur en coupant tous les parasites?

Comment faire, comment.

2009/10/19

Maître de sa vie

Jusqu'à quel point le sommes-nous? Grande question à laquelle je n'ai pas de réponse, malheureusement.

On fait des choix, on pose des gestes qui semblent, à première vue, être le résultat de notre libre arbitre. Le sont-ils vraiment?

On prend une décision, motivée par tout plein de bonnes raisons à nos yeux. Il y a eu analyse, introspection, réflexion, c'est du sérieux.

Puis, au moment où on a enfin l'impression de savoir ce qui mènera enfin à cette tranquillité d'esprit tant recherchée, on nous confronte. Ce qui est évident et pertinent pour soi est une mièvrerie condensée pour les autres. On a évidemment tort, on s'accroche dans les fleurs du tapis, on met le problème à la mauvaise place.

On plie? Ça fait plaisir à l'entourage et affaiblie l'estime personnelle. On résiste? L'entourage boude et rien n'avance, si ça ne recule pas. Comble de malheur, c'est également nuisible pour l'estime personnelle! Première option: on se dit qu'on ne vaut pas la peine de se battre. Deuxième option: on finit inévitablement par se remettre en question et l'effet devient le même que pour la première option. Comment faire alors pour trouver la paix intérieur sans tout casser?

Certains sont faits de rocs, rien ne les fait reculer. Ils sont convaincus et convaincants, leurs victoires sont naturelles et importent davantage que leur effet sur le monde autour. Si les gens ne comprennent pas, c'est qu'ils sont stupides.

D'autres sont plus portés à la négociation, aux compromis. Ils sont aussi convaincus, mais ils sont conscients que tout n'est pas toujours tout noir ou tout blanc. Ils ne veulent pas gagner à tout prix, mais ne veulent surtout pas perdre.

Finalement, il y a ceux qui, pour ne pas déplaire, se moulent aux désirs des autres, au détriment de leur propre vie, de leurs propres besoins. La victoire est utopique, sauf si par bonheur, la personne souhaite la même chose que l'autre.

La meilleure recette? Probablement la deuxième. La plus facile? La première ou la troisième selon sa personnalité.

Et si l'ordre était bouleversé? Si la personne habituellement malléable décidait de ne pas plier? Si elle décidait de se tenir debout et de se choisir? Si la statue de pierre s'ouvrait à la vision des autres? Si elle laissait de la place à l'empathie? Si le négociateur décidait de céder une fois de temps en temps, histoire de donner sans penser recevoir? Qu'est-ce que ça donnerait? Des affrontements? Des déchirements? Des réconciliations?

Nous sommes maîtres de nos vies, par nos choix, par notre façon d'être. Pourquoi alors est-ce si difficile de modifier un pattern en cas de besoin? En principe, chaque personne porte en soi un peu de solide, de mou et de mi-ferme. Être maître de sa vie signifie être en mesure de choisir la bonne consistance selon les situations et ça, c'est difficile.

Il s'agit probablement de l'apprentissage d'une vie...

2009/10/03

Le travail d'une vie

Savoir ce que l'on vaut est une chose difficile. Comment évaluer sa valeur en tant que travailleur, ami, parent, amoureux?

Selon moi, il y a deux sources de réponses: soi-même et les autres.

Soi-même, on porte un regard critique, parfois même un peu trop, sur ses gestes, ses forces, ses faiblesses. Nous sommes en mesure de savoir quand nous fier de nous-même, quand nous avons franchi une nouvelle étape, quand on a relevé un défi. Même si c'est parfois difficile, il faut être capable de se donner une bonne tape dans le dos ou une "tite tape en arrière du caillou" quand c'est mérité.

Les autres nous évaluent aussi. Par leurs réponses ou leurs silences, par leurs gestes, par leurs attachements ou leurs éloignements. Le problème, c'est que personne ne semble avoir la même grille. Ce qui est bien pour un dérange l'autre, ce qui séduit une personne peut en repousser une autre, etc. Comment s'y retrouver? L'être humain s'adapte, mais où est la limite du compromis?

La meilleure source d'information se situe donc à l'intérieur de soi. Savoir que nous sommes compétent, aimable, attirant, qu'on mérite du respect et de la considération devrait aider à repousser les jugements erronés qui viennent de l'extérieur. Ce n'est pas normal d'avoir l'estime personnelle dans les mains d'un étranger, aussi près de nous puisse-t-il être.

Une fois ce chemin fait, il reste à trouver comment exploiter cette valeur au maximum. Il faut découvrir comment éviter d'être sous-payé, dans tous les sens du terme, puisqu'une marque de considération et d'affection est un salaire en soi. Il faut trouver la force de dire "Non, je ne mérite pas ce silence ou ces reproches ou cette indifférence, etc, etc, etc,"

Si déterminer sa valeur est difficile, la faire valoir est une marche au-dessus... le travail d'une vie.

2009/09/30

La trentaine mouvementée

C'est ça, j'ai la trentaine mouvementée. Bon, elle est encore jeune, mais jusqu'à maintenant, ça bouge plus que la cliente (en l'occurrence, moi) en demande.

Pendant ma trentième année, j'ai retrouvé mes yeux neufs de quand j'étais petite. J'ai perdu ma grand-mère et appris le cancer de ma mère (j'ai donc opté pour une nouvelle mise en pli de solidarité, moi qui ne croyais jamais pouvoir faire ça). Et il y a tout le reste, ce qui ne s'écrit pas, ce qui ne se raconte pas.

Dernièrement (il y a deux jours), j'ai franchi le cap de la trente-et-unième année. Si mon anniversaire s'est passé dans le calme, on ne peut pas en dire autant du reste. Je suis de retour dans le groupe des chercheurs d'emploi. Belle surprise! Bien que certain l'ait vu venir, ce n'est pas mon cas. Heureusement, ce n'est pas pour demain matin, mais il reste que ma sacro-sainte semaine de vacances liée à mon anniversaire s'est avérée une semaine de préparation à la recherche: mise à jour du cv, refamiliarisation avec les sites de recherches, envoi des premières offres de service. Je me sens forte et positive, mais je m'en serais passée.

Je pense que je serais prête à ralentir éventuellement. Les astres pourraient peut-être finir par s'aligner comme du monde, ça ne nuirait pas. Un bon emploi, une belle famille, de la santé, de la vie... je regarde ça et je me dis que oui, ça me conviendrait.

En attendant, la matante de tout juste trente-et-un ans pédale fort!

2009/09/25

7 ans

On entend souvent qu'un cycle de vie est de 7 ans. Comme peu de choses dans ma vie se sont rendues là, jamais je n'y avais vraiment porté attention. Jusqu'à aujourd'hui.

Après 7 ans d'investissement, de dévouement, de plaisir, de défis, la page tournera bientôt.

J'ai toujours dit que rien n'arrive pour rien dans la vie. Aujourd'hui, je m'y accroche de toutes mes forces. Mieux m'attends ailleurs, reste à savoir où.